Voici les décisions annoncées pour la rentrée
2008, ci-dessous la déclaration préalable de l'UNSA-Education :
L’école maternelle française subit régulièrement des attaques. Dernière en date, celle de Michèle Tabarot, députée UMP, qui préconise, dans un rapport remis au
premier Ministre, de transformer les classes qui accueillent des enfants de 2 à 3 ans en jardins d’éveil animés par des professionnels de la petite enfance.
Pour l’UNSA-Education, le message est limpide : les enfants de 2 ans ne sont plus les bienvenus à l’école. C’est d’ailleurs ce que propose clairement le rapport d'audit sur la RGPP dans l'Éducation nationale.
Xavier Darcos, qui n’en est plus à une provocation près, n’a-t-il pas lui-même déclaré devant le Sénat qu’il fallait cesser de recruter des fonctionnaires de niveau Master pour « faire faire des siestes à des enfants ou leur changer les couches »?
Alors que la France offre un choix d’accueil aux enfants de 2 ans dans une école maternelle laïque et gratuite, le gouvernement balaie d’un revers de main cette ambition sociale.
Une fois de plus, les familles les plus modestes, et singulièrement les femmes, feront les frais du « débrouillez-vous ». Car les bonnes âmes qui s’acharnent aujourd’hui contre l’école maternelle ne vont pas jusqu’à poser le vrai débat : celui de la politique de la petite enfance pour notre pays. Pour l’UNSA-Education, celle-ci devrait rendre des choix possibles, l’école maternelle étant l’un d’eux, en complément, et non en opposition, aux modes d’accueil collectifs ou individuels.
Parce que l’école maternelle est tout sauf une garderie, l’UNSA-Education défend la possibilité d’une scolarisation à partir de 2 ans dès lors que les parents en font la demande et continue de militer pour en améliorer la qualité.
Elle ne se résout pas à ce que ces enfants soient ravalés à une simple marge de manœuvres budgétaires.
Elle ne se résout pas non plus à ce que faute de moyens, sous pression de certains lobbies conservateurs puissants, notre gouvernement fasse clairement le jeu d’un enseignement privé qui n’attend que ça.
L’Etat donne chaque année aux établissements privés près de 7 milliards d’euros auxquels s’ajoutent plusieurs milliards d’euros versés par les collectivités territoriales. Cette manne bénéficie quasi exclusivement à l’enseignement catholique sous contrat.
Pourtant, le secrétaire général de l’enseignement catholique a l’audace de se plaindre de son incapacité à faire face à toutes les demandes d’inscriptions. Sans entrer dans la polémique sur la réalité du nombre de refus avancés, il devient insupportable d’entendre cette complainte de la part d’un privé déjà trop bien loti en deniers publics. D’autant que des centaines de millions d’euros s’ajouteront à cette cagnotte avec l’application de l’article 89 que nous combattons et continuerons à combattre.
Ces sommes font défaut à l’Ecole publique et laïque. Et les suppressions de postes d’enseignants qui, proportionnellement, touchent beaucoup plus le public que le privé, renforcent encore cette « concurrence déloyale » financée par l’Etat.
Tout au long de cette année scolaire, l’UNSA-education examinera très attentivement les choix budgétaires du gouvernement et dénoncera tout nouveau cadeau fait au privé.
Nous terminerons en rappelant que seul le service public et laïque d’éducation peut garantir partout un accueil de qualité pour tous.



