Nous ne sommes nullement le rouage de transmission d'un quelconque parti politique mais le SE-UNSA est un fervent défenseur de la laïcité comme le prouve son engagement au sein du CNAL, c'est à ce titre que nous sommes le seul syndicat à avoir saisi le Conseil d'Etat et alerté les Maires à propos de l'article 89 de la loi d’août 2004 (Les communes sont désormais obligées de payer une participation financière pour les enfants fréquentant l’école privée d’une autre commune. Et cela sans que le maire ait la moindre possibilité de donner un avis ! .
Le Comité national d'action laïque (CNAL) a vu le jour en 1953.La défense et la promotion de l'Ecole publique et de la laïcité sont la raison d'être du CNAL.
Le CNAL est composé, depuis son origine, de cinq organisations :
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la Fédération nationale des Délégués départementaux de l'éducation nationale (DDEN), présidente : Christiane MOUSSON
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la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE), président : Faride HAMANA
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la Ligue de l'Enseignement, président Jean-Michel DUCOMTE
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le SE-UNSA (à l'époque, SNI), secrétaire général : Luc BERILLE
l'UNSA-Education (à l'époque, FEN), secrétaire général : Patrick GONTHIER.
Avant la présidentielle et les législatives, le CNAL saisit cette double occasion pour réaffirmer l'existence et la promotion de la laïcité. Le CNAL s'y emploie en sollicitant les candidats et en leur demandant des engagements clairs. Il appelle chacun à être partout, notamment par l'intermédiaire des CDAL et des Observatoires de la laïcité, et à l'aide du document « L'Ecole publique pour vivre ensemble » le relais et le porte-parole de notre exigence laïque.
Consulter et télécharger le document
LIRE : Laïcité et communautarisme ( intervention du SE-UNSA Académique de Bretagne lors du congrès national de La Rochelle) :
Tout d’abord , une définition : la laïcité c’est la séparation entre les sphères publiques et privées. La sphère publique relevant de la compétence des politiques et des institutions alors que la sphère privée, comme son nom l’indique, de choix personnels, choix qui ne regardent que chacun.
Nous vivons dans un état républicain et laïque .Notre identité nationale est fondée la dessus. D’ailleurs en votant les lois laïques instituant la séparation des églises et de l’état, on renvoyait l’individu à ses propres choix.
Or, la liberté de l'homme se construit dès l'enfance. Tout enfant a le droit d'être élevé et instruit pour accéder à la liberté et à la citoyenneté. L’état garant de ce droit a décidé il y a une centaine d’années d’instaurer une école de la République :
· obligatoire (pour que chacun puisse s’émanciper),
· gratuite (pour qu’elle soit accessible à tous)
· et laïque ( afin d’accueillir tous les enfants de la république quelles que soient leurs origines, leur croyances et leurs coutumes).
Le rôle de notre école est d’assurer à chacun le droit et les moyens de l'émancipation, de permettre à chacun d'acquérir la responsabilité de lui-même dans sa vie personnelle, sociale, civique, et lui permettre de conquérir son autonomie et sa liberté, y compris par rapport à son milieu d'origine et à sa famille.
On mesure là le modèle émancipateur français , pays dans lequel l’école de la république est au service de la société dans son ensemble.
Historiquement le principal adversaire de la laïcité demeura longtemps le cléricalisme. Antirépublicain, il se posait en adversaire de la laïcité en tant que philosophie plus qu’en système d’organisation sociale. Sans minimiser, en particulier dans l’ouest de la France, la vigueur des cléricaux, toujours acquis à des valeurs antirépublicaines, il faut noter qu’on a progressivement rangé dans le camp de ces antirépublicains tous les adversaires de l’originalité laïque française, y compris les adeptes plus modernes du communautarisme.
Qu’entend-on par communautarisme ? Un système d’organisation de la société, principalement issu des sociétés postcoloniales anglo-saxonnes, qui la structure en communautés. Un système issu historiquement de sociétés à fondements ségrégationnistes et aujourd’hui farouchement libérales.
Le communautarisme nie la liberté individuelle et organise la société autour de choix relevant de la sphère privée.
On en arrive ici ou là, à formater des individus qui n’existent plus en tant que tels mais en tant qu’éléments de la communauté.
Or, les choix politiques, la religion ou la non religion d’ailleurs, l’orientation sexuelle, le mode de vie relèvent de choix individuels. Ils appartiennent à la sphère privée et ne doivent aucunement être facteurs de discrimination dans la vie publique.
Et pourtant, le communautarisme se développe et est savamment entretenu par certains politiques qui ont bien compris qu’il faut diviser, mais aussi encourager la concurrence communautaire pour mieux régner. On a vu ainsi apparaître des lois « mémorielles », la « discrimination positive », les « minorités visibles »… Tout cela avec la complicité, voire l’encouragement, de la plupart des média. Accepter le communautarisme c’est renoncer à tout projet égalitaire, humaniste.
Alors pourquoi encourager le communautarisme ? La raison est extrêmement pragmatique, si elle est liée cette fois à une quelconque idéologie, cette idéologie touche plus à l’organisation économique de la société qu’à sa structuration sociale, même si les conséquences en sont prévisibles dans ce domaine.
En effet à bien des égards le communautarisme a montré ses insuffisances, et son incapacité à préserver du délitement le tissu social.
Où est l’émancipation, quand la fin justifie les moyens ?
Je viens d’une région où l’enseignement confessionnel est considéré par les autorités administratives comme complémentaire et non concurrentiel, où des écoles communautaristes ont pignon sur rue, où elles sont financées par les collectivités territoriales, où elles demandent un financement à l’état alors qu’on y bannit la langue de la république (je parle des écoles DIWAN). J’appelle cela une dérive grave. La république finance une école, elle est laïque, gratuite et obligatoire. Elle ne dépend d’aucun groupe de pression qu’il soit religieux, culturel ou autre.
Encore une fois, nos gouvernants ont choisi de donner un coup de canif à la laïcité en obligeant les maires à financer des choix privés, en utilisant l’impôt du citoyen pour cela (je fais référence à l’article 89 de la loi du 13 aout 2004 portant sur le financement des écoles privées) Notre premier ministre s’est même permis d’intervenir en demandant d’appliquer un « principe de parité » inscrit nulle part dans aucune loi. Cette parité dont on nous parle n’a pas lieu d’être.
Nous savons très bien qu’il y a adéquation entre les choix de sociétés que nous faisons et le modèle économique et social que nous aurons. Nous allons être amenés dans quelques semaines à faire un choix pour élire un ou une présidente de la république Il sera bon de se rappeler nos valeurs, nos choix laïques, émancipateurs, sociaux en allant mettre notre bulletin dans l’urne.
Je me félicite de voir que nous sommes reconnus bien au-delà de notre profession pour notre combat sur la laïcité et pour les valeurs que nous défendons .Nous sommes républicains et laïques.
Et au nom de tous mes collègues, particulièrement du grand Ouest, Jean Louis je te remercie pour ton travail et ton investissement.
Intervention d’Annette Leport
Secrétaire Académique du SE-UNSA
Au Congrès de La Rochelle