Elections

Nouvelle donne politique : les réactions de l'UNSA, l'UNSA-Education et du SE-UNSA

Nicolas Sarkozy présidera la République française pour les cinq ans à venir. Constatons que les leçons de l’élection présidentielle de 2002 ont modifié radicalement le comportement des électeurs. Ces derniers, après une expérimentation par le pire du pouvoir du vote, se sont rendus massivement aux urnes en 2007 pour, très majoritairement, voter « utile ». Mais ce renouveau de l’engouement électoral ne s’expliquerait pas si les principaux candidats eux-mêmes n’avaient indiqué avoir entendu le message délivré en 2002. Chacun s’est en effet situé en rupture avec les représentations institutionnelles traditionnelles, désavouées par les électeurs ces dernières années.

Une nouvelle phase politique commence. À l’heure où nous écrivons, on ignore quel gouvernement sera formé et si la majorité présidentielle sera confortée par les élections législatives. Le SE-UNSA prend acte du choix démocratique des Français. La campagne électorale a donné lieu à des évocations souvent caricaturales et outrancières de l’École. Nombre d’enseignants ne s’y sont pas reconnus. Si elles devaient se traduire en actes, nous serions de nouveau confrontés à de très graves reculs.

Quoiqu’il en soit, le SE-UNSA fera face. Dans l’immédiat, sitôt le nouveau ministre de l’Éducation nationale connu, nous le saisirons de trois dossiers urgents :

-   celui des « emplois vie scolaire » rendus au chômage par les prochaines fins de contrat, avec le risque de compromettre, à la rentrée 2007, la scolarisation de nombre d’enfants en situation de handicap, de supprimer l’aide administrative aux directeurs d’école et d’affaiblir la surveillance dans les établissements du second degré ;
-   celui du respect du principe de continuité de l’État avec la mise en oeuvre des engagements financiers du précédent ministre (augmentation de l’indemnité de direction d’école, augmentation des ratios de hors classe de certains corps du second degré) ;
-   celui, enfin, de l’abrogation des nouveaux décrets dégradant les services des enseignants du second degré, avec l’engagement d’un collectif budgétaire pour ce faire.

Le contrepoids syndical est une nécessité absolue en démocratie. Aux citoyens de l’intégrer en se syndiquant tout aussi massivement qu’ils ont voté.

Luc Bérille,
Secrétaire général du SE-UNSA
le 7 mai 2007.

Nous ne sommes nullement le rouage de transmission d'un quelconque parti politique mais le SE-UNSA est un fervent défenseur de la laïcité comme le prouve son engagement au sein du CNAL, c'est à ce titre que nous sommes le seul syndicat à avoir saisi le Conseil d'Etat et alerté les Maires à propos de l'article 89 de la loi d’août 2004 (Les communes sont désormais obligées  de payer une participation financière pour les enfants fréquentant l’école privée d’une autre commune. Et cela sans que le maire ait la moindre possibilité de donner un avis ! .


Le Comité national d'action laïque (CNAL) a vu le jour en 1953.La défense et la promotion de l'Ecole publique et de la laïcité sont la raison d'être du CNAL.

 

 Le CNAL est composé, depuis son origine, de cinq organisations :

  •        la Fédération nationale des Délégués départementaux de l'éducation nationale (DDEN), présidente : Christiane MOUSSON

  •         la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE), président : Faride HAMANA

  •         la Ligue de l'Enseignement, président Jean-Michel DUCOMTE

  •         le SE-UNSA (à l'époque, SNI), secrétaire général : Luc BERILLE

        l'UNSA-Education (à l'époque, FEN), secrétaire général : Patrick GONTHIER.

Avant la présidentielle et les législatives, le CNAL saisit cette double occasion pour réaffirmer l'existence et la promotion de la laïcité. Le CNAL s'y emploie en sollicitant les candidats et en leur demandant des engagements clairs. Il appelle chacun à être partout, notamment par l'intermédiaire des CDAL et des Observatoires de la laïcité, et à l'aide du document « L'Ecole publique pour vivre ensemble »  le relais et le porte-parole de notre exigence laïque.

Consulter et télécharger le document

LIRE : Laïcité et communautarisme ( intervention du SE-UNSA Académique de Bretagne lors du congrès national de La Rochelle) :

Tout d’abord , une définition : la laïcité c’est la séparation entre les sphères publiques et privées. La sphère publique relevant de la compétence des politiques et des institutions alors que la sphère privée, comme son nom l’indique, de choix personnels, choix qui ne regardent que chacun.

Nous vivons dans un état républicain et laïque .Notre identité nationale est fondée la dessus. D’ailleurs en votant les lois laïques instituant la séparation des églises et de l’état, on renvoyait l’individu à ses propres choix.

Or, la liberté de l'homme se construit dès l'enfance. Tout enfant a le droit d'être élevé et instruit pour accéder à la liberté et à la citoyenneté. L’état garant de ce droit a décidé il y a une centaine d’années d’instaurer une école de la République :

·          obligatoire (pour que chacun puisse s’émanciper),

·          gratuite (pour qu’elle soit accessible à tous)

·          et laïque ( afin d’accueillir tous les enfants de la république quelles que soient leurs origines, leur croyances et leurs coutumes).

Le rôle de notre école est d’assurer à chacun le droit et les moyens de l'émancipation, de permettre à chacun d'acquérir la responsabilité de lui-même dans sa vie personnelle, sociale, civique, et lui permettre de conquérir  son autonomie et sa liberté, y compris par rapport à son milieu d'origine et à sa famille.

On mesure là le modèle émancipateur français , pays dans lequel l’école de la république est au service de la société dans son ensemble.

Historiquement le principal adversaire de la laïcité demeura longtemps le cléricalisme. Antirépublicain, il se posait en adversaire de la laïcité en tant que philosophie plus qu’en système d’organisation sociale. Sans minimiser, en particulier dans l’ouest de la France, la vigueur des cléricaux, toujours acquis à des valeurs antirépublicaines, il faut noter qu’on a progressivement rangé dans le camp de ces antirépublicains tous les adversaires de l’originalité laïque française, y compris les adeptes plus modernes du communautarisme.

Qu’entend-on par communautarisme ? Un système d’organisation de la société, principalement issu des sociétés postcoloniales anglo-saxonnes, qui la structure en communautés. Un système issu historiquement de sociétés à fondements ségrégationnistes et aujourd’hui farouchement libérales.

Le communautarisme nie la liberté individuelle et organise la société autour de choix relevant de la sphère privée.

On en arrive ici ou là, à formater des individus qui n’existent plus en tant que tels mais en tant qu’éléments de la communauté.

Or, les choix politiques, la religion ou la non religion d’ailleurs, l’orientation sexuelle, le mode de vie relèvent de choix individuels. Ils appartiennent à la sphère privée et ne doivent aucunement être facteurs de discrimination dans la vie publique.

Et pourtant, le communautarisme se développe et est savamment entretenu par certains politiques qui ont bien compris qu’il faut diviser, mais aussi encourager la concurrence communautaire pour mieux régner. On a vu ainsi apparaître des lois « mémorielles »,  la « discrimination positive », les « minorités visibles »… Tout cela avec la  complicité, voire l’encouragement, de la plupart des média. Accepter le communautarisme c’est renoncer à tout projet égalitaire, humaniste.

Alors pourquoi encourager le communautarisme ? La raison est extrêmement pragmatique, si elle est liée cette fois à une quelconque idéologie, cette idéologie touche plus à l’organisation économique de la société qu’à sa structuration sociale, même si les conséquences en sont prévisibles dans ce domaine.

En effet à bien des égards le communautarisme a montré ses insuffisances, et son incapacité à préserver du délitement le tissu social.

Où est l’émancipation, quand la fin justifie les moyens ?

Je viens d’une région où l’enseignement confessionnel est considéré par les autorités administratives comme complémentaire et non concurrentiel, où des écoles communautaristes ont pignon sur rue, où elles sont financées par les collectivités territoriales, où elles demandent un financement à l’état alors qu’on y bannit la langue de la république (je parle des écoles DIWAN). J’appelle cela une dérive grave. La république finance une école, elle est laïque, gratuite et obligatoire. Elle ne dépend d’aucun groupe de pression qu’il soit religieux, culturel ou autre.

Encore une fois, nos gouvernants ont choisi de donner un coup de canif à la laïcité en obligeant les maires à financer des choix privés, en utilisant l’impôt du citoyen pour cela (je fais référence à l’article 89 de la loi du 13 aout 2004 portant sur le financement des écoles privées) Notre premier ministre s’est même permis d’intervenir en demandant d’appliquer un « principe de parité » inscrit nulle part dans aucune loi. Cette parité dont on nous parle n’a pas lieu d’être.

Nous savons très bien qu’il y a adéquation entre les choix de sociétés que nous faisons et le modèle économique et social que nous aurons. Nous allons être amenés dans quelques semaines à faire un choix pour élire un ou une présidente de la république Il sera bon de se rappeler nos valeurs, nos choix laïques, émancipateurs, sociaux en allant mettre notre bulletin dans l’urne.

Je me félicite de voir que nous sommes reconnus bien au-delà de notre profession pour notre combat sur la laïcité et pour les valeurs que nous défendons .Nous sommes républicains et laïques.

Et au nom de tous mes collègues, particulièrement du grand Ouest, Jean Louis je te remercie pour ton travail et ton investissement.

Intervention d’Annette Leport

Secrétaire Académique du SE-UNSA

Au Congrès de La Rochelle


Les urnes ont rendu leur verdict. Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal s’opposeront pour le second tour de l’élection présidentielle. Le SE-UNSA se réjouit de la forte mobilisation des citoyens lors du premier tour. Il appelle ses adhérents, comme l’ensemble des électeurs, à participer massivement au scrutin du second tour. Il laisse chacune et chacun libre d’opter pour le bulletin de son choix, en conscience.

Cependant, toutes les politiques ne se valent pas, dans le domaine éducatif comme dans d’autres. Afin d’éclairer votre réflexion, le Syndicat vous invite donc de lire ou relire les réponses de Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal aux questions concernant l’Éducation et ses personnels, questions choisies par les enseignants et posées par le SE-UNSA en leur nom.

Lire les réponses.

L'UNSA Education a recensé les propositions des candidats à l'élection présidentielle sur l'éducation. Carte scolaire, conditions de travail, budget, pédagogie, enseignement supérieur... : sur tous ces sujets, l'UNSA Education a relevé les déclarations et prises de position de  Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy. Un éclairage utile pour mieux comparer les programmes.

 les propositions de l'UNSA-Education

Les grandes lignes des propositions sur l’éducation des candidats à l'élection présidentielle 

Ce document a été réalisé le 20 mars 2007 à partir des programmes des candidats et de leurs dernières déclarations. 

Carte scolaire 

Ségolène Royal

  • Réviser la carte scolaire pour supprimer les ghettos scolaires, assurer la mixité sociale et constituer des réseaux d’éducation prioritaire.
  • « Il va falloir trouver une solution pour intégrer le privé à la réflexion sur la lutte contre l’échec scolaire ». 

Nicolas Sarkozy

  • « Liberté de choix » par suppression progressive de la carte scolaire.
  • Dès la rentrée 2007 les établissements pourront recruter 20% de leurs effectifs en dehors du secteur.
  • Permettre aux parents qui le souhaitent d’inscrire leurs enfants dans un établissement privé sous contrat. 

Moyens  

Ségolène Royal

  • Tous les postes dont la suppression est prévue à la rentrée 2007 seront rétablis. 

Nicolas Sarkozy

  • Non remplacement d’un fonctionnaire sur deux (mesure à caractère général).
  • Moyens des établissements modulés en fonction des handicaps des élèves et des projets des établissements.
     

Enseignants 

Nicolas Sarkozy

  • Liberté pédagogique.
  • Evaluation des enseignants sur la base des progrès et des résultats des élèves.
  • Revalorisation de leur carrière (négociations dès l’été 2007).
  • Ne s’est pas prononcé sur la proposition d’abrogation ou de moratoire du décret modifiant les décharges faite par Xavier Darcos.
  • Les enseignants qui voudront travailler plus pourront gagner plus.
  • Les gains de productivité qui pourraient être réalisés seront redistribués aux enseignants.
  • Instauration d’un système comparable à celui des IPES. 

Ségolène Royal

  • Liberté pédagogique.
  • Organisation des Etats généraux des enseignants sur le mode participatif.
  • Annulation du décret modifiant les décharges des enseignants.
  • Pas favorable à la bivalence mais n’y est pas opposée si les enseignants le souhaitent.
     

Enseignements scolaires 

Ségolène Royal

  • Pas de « réformes inutiles qui déstabilisent l’école ».
  • Scolarisation obligatoire à 3 ans.
  • Soutien scolaire individuel, assuré prioritairement par les professeurs et s’il n’y a pas assez de volontaires par des répétiteurs qui pourront être des étudiants dotés d’une formation.
  • Renforcement des moyens de l’éducation prioritaire : limiter à 17 le nombre d’élèves par classe en CP et CE1 dans les ZEP et fixer la dotation aux établissements par élève en difficulté à 25% de plus que la dotation ordinaire.
  • Droit à la scolarisation des élèves en situation de handicap.
  • Inscription de l’éducation artistique et de la pratique artistique à tous les niveaux de la maternelle à l’université.
  • Renforcement de la présence adulte dans les établissements.
  • Création d’un service public de l’orientation.
  • Opposition à l’apprentissage à 14 ans.
  • Possibilité de formations en alternance au collège.
  • Renforcement de la médecine scolaire et universitaire.
  • Création d’internats de proximité dans les quartiers.
  • Implantation des classes préparatoires aux grandes écoles dans les quartiers qui en sont dépourvus.
  • Opposition à un renforcement de la décentralisation dans l’éducation. 

Nicolas Sarkozy

  • Autonomie des établissements scolaires.
  • Possibilité de projets d’établissement offrant un mi-temps sportif ou artistique.
  • Soutien scolaire au sein des établissements.
  • Après avoir déclaré « Il faut déposer le bilan des ZEP », proposition de prendre les établissements les plus déshérités et en cinq ans en faire des établissements d’excellence, en mettant moins d’élèves, en donnant plus de moyens et en récompensant par des salaires plus élevés les enseignants les plus expérimentés.
  • Amélioration de la scolarisation des enfants handicapés.
  • L’orientation doit devenir une pièce centrale du système éducatif.
  • Création d’internats de réussite éducative.
  • Création d’écoles de la 2ème chance dans tous les départements.
  • Formation tout au long de la vie.
  • Droit donné aux 5% des meilleurs élèves de chaque établissement de rejoindre un classe préparatoire aux grandes écoles.



Enseignement supérieur et recherche
 

Ségolène Royal

  • Investir massivement dans l’innovation et la recherche : Augmentation du budget de la recherche de 10% par an pendant 5 ans.
  • Loi de programmation pour redonner aux universités les moyens de l’excellence : en 5 ans la dépense par étudiant sera portée au même niveau que la moyenne des pays de l’OCDE.
  • Rapprochement entre enseignement supérieur, organismes de recherche et grandes écoles.
  • Renforcement de l’autonomie des universités dans le cadre national et les inciter à se regrouper.
  • Organiser dans la concertation le nécessaire rapprochement entre enseignement supérieur, organismes de recherche et grandes écoles.
  • Participation des régions à la remise à niveau des universités (bâtiments, logement étudiant…).
  • Refus de toute sélection à l’entrée à l’université.
  • Création d’une allocation d’autonomie pour les jeunes (en contrepartie d’heures de soutien scolaire données aux collégiens).
  • Prêt gratuit de 10 000  € pour les jeunes pour construire leur 1er projet de vie. 

Nicolas Sarkozy

  • Faire des universités la clé de voûte du système d’enseignement supérieur et de recherche. Constitution autour des établissements universitaires les plus performants et des grandes écoles de campus de recherche de niveau mondial.
  • Accroître d’ici 2012 de 50 % des dépenses publiques consacrées à l’enseignement supérieur, soit un effort cumulé de 15 milliards d’euros et encouragement au financement privé.
  • Porter l’effort de recherche et de développement à 3 % du PIB d’ici 2012.
  • Rénovation de la gouvernance des universités : CA resserré et plus largement ouvert sur le monde extérieur (1/4 de personnalités cooptées), mandat renouvelable du président et renforcement de ses prérogatives.
  • Statut d’autonomie réelle pour les universités volontaires avec liberté de recruter leurs enseignants et leurs chercheurs, de moduler les rémunérations et les charges d’enseignement, de diversifier les financements …
  • Création d’un service public de l’orientation.
  • Mettre des limites au financement de filières sans débouchés.
  • Chaque bachelier doit avoir une place à l’université. « L’orientation sélective à l’entrée dans les formations supérieures et les universités ne doit plus être une question taboue. ».
  • Démarche volontariste d’amélioration de la vie étudiante : construction de logements, aménagements de campus, offre de bourses développée, prêts à taux zéro.
  • Modulation des droits d’inscription en fonction des ressources des familles.

 

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